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	<title>Chroniques Généalogiques &#187; bouchard</title>
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	<description>FAMILLES MOUTON-VEUILLE-GERVOIS-BOSSELET-BOUCHARD-PESSAULT-MICHON-MARECHAL</description>
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		<title>#1 &#8211; Dossier : Instituteur / Institutrice au XIXe siècle</title>
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		<comments>http://www.moutbouch.net/metier-instituteur-institutrice/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 16 Mar 2013 20:32:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sophie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[#1 - Perdus de Vue]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j&#8217;en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j&#8217;ai d&#8217;intelligence, tout ce que j&#8217;ai d&#8217;âme, de coeur, de]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>&laquo;&nbsp;Entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j&rsquo;en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j&rsquo;ai d&rsquo;intelligence, tout ce que j&rsquo;ai d&rsquo;âme, de coeur, de puissance physique et morale, c&rsquo;est le problème de l&rsquo;éducation du peuple.&nbsp;&raquo;<br />Jules FERRY</em></p>
<p>Je vais relater ici le parcours d&rsquo;instituteurs et d&rsquo;institutrices au XIXe siècle, et effleurer l&rsquo;histoire française de l&rsquo;éducation et des écoles normales (vous pouvez consulter les liens en bas de cette page si vous souhaitez une immersion plus complète). J&rsquo;ai essayé de m&rsquo;en imprégner, afin d&rsquo;être la plus fidèle possible au contexte social et historique dans lequel évoluaient les personnages de ces portraits que je dresse : il y a, dans l&rsquo;arbre familial, un certain nombre d&rsquo;instituteurs et au moins autant d&rsquo;institutrices<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="A noter que le métier s&rsquo;est ouvert aux femmes à partir de 1881 et des lois Ferry, permettant aux premières institutrices laïques d&rsquo;exercer à partir de 1885 environ &#8211; auparavant l&rsquo;éducation des filles était presque exclusivement réservée à la noblesse ou à la haute bourgeoisie, et dispensée par des religieuses dans des couvents. Voilà pourquoi il n&rsquo;y a pas beaucoup d&rsquo;institutrices avant cette date." id="return-note-26-1" href="#note-26-1"><sup>1</sup></a></span> &#8211; issus ou non d&rsquo;un milieu rural, formés ou pas dans les écoles normales qui ont fleuri sur le territoire à partir de la Révolution -, dont les trajectoires ont toutes à leur manière assez nettement influencé la destinée de nos familles. </p>
<p><span id="more-26"></span><br />
</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;"><a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=eugene;n=michon" alt="EUG&Egrave;NE MICHON sur Généanet" title="EUG&Egrave;NE MICHON sur Généanet" target="_blank"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/geneanet-p.jpg" alt="geneanet-lien" width="83" height="20" style="float:right;" /></a>[MICHON] Eug&egrave;ne MICHON et Eug&egrave;nie VALLÉE</div>
<p><div id="attachment_523" style="width: 210px" class="wp-caption alignright"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/independant-du-blanc.jpg" alt="Avis de mutation de Eugène MICHON et Eugénie MICHON-VALLÉE en date du 17 avril 1898 : ils quittent Gargilesse et sont nommés à Bazaiges à la place du couple AUPAIX qui s&#039;installe lui à Gargilesse" width="200" height="599" class="size-full wp-image-523" /><p class="wp-caption-text"><div align="center" style="font-size:0.8em; line-height:1.2em">Avis de mutation de Eugène MICHON et Eugénie MICHON-VALLÉE, en date du 17 avril 1898 : ils quittent Gargilesse et sont nommés à Bazaiges, à la place du couple AUPAIX qui s&rsquo;installe à Gargilesse</div>
<p></p></div>
<div style="padding:5px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Eugène MICHON est le deuxième enfant, et le premier fils, de Jean MICHON, colon au domaine de La Brosse, et de Marguerite VOLATRON. Né le 23 septembre 1853 à Saint-Hilaire-sur-Benaize, sa santé fragile sera à l&rsquo;origine d&rsquo;un changement radical d&rsquo;itinéraire non seulement pour lui mais aussi pour son petit-frère Eugène Ernest<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Les deux frères, à 13 ans d&rsquo;écart, portent non seulement le même prénom &#8211; il est d&rsquo;ailleurs très probable que Eugène-l&rsquo;aîné ait été le parrain de son cadet -, mais en plus ils sont tous les deux passés par l&rsquo;école normale d&rsquo;instituteurs, profession qu&rsquo;ils ont exercé toute leur vie (ou presque pour Eugène Ernest), et ils ont tous les deux épousé une institutrice prénommée Eugénie !" id="return-note-26-2" href="#note-26-2"><sup>2</sup></a></span>. </p>
<p>Marc MICHON, son neveu, le raconte dans les premières pages de ses mémoires<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Mes Guerres et Mes Prisons, mémoires, Marc MICHON, Guéret, imprimerie Lecante, 1980" id="return-note-26-3" href="#note-26-3"><sup>3</sup></a></span> :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Son fils aîné, mon oncle, souffrait du foie. [&#8230;] L&rsquo;état de santé de mon oncle s&rsquo;était aggravé à un point tel que, lorsqu&rsquo;il eut vingt ans, il devint évident que jamais il ne pourrait supporter les travaux de la terre. [&#8230;] Sa journée finie au domaine de la Brosse où il travaillait depuis la pointe du jour, mon oncle, après souper, se rendait chez le maître d&rsquo;école<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="A propos du maître d&rsquo;école, le père Rigolet, instituteur à Saint-Hilaire : &laquo;&nbsp;en quarante année d&rsquo;enseignement il avait réussi à sortir plus de cinquante instututeurs d&rsquo;une commune de 600 habitants et aussi à bien élever ses enfants dont l&rsquo;un devint médecin-général.&nbsp;&raquo; in Mes Guerres et Mes Prisons, op. cit." id="return-note-26-4" href="#note-26-4"><sup>4</sup></a></span> qui, jour après jour, le prépara au concours d&rsquo;entrée à l&rsquo;école normale d&rsquo;instituteurs de Châteauroux. Mon oncle fût reçu à la première tentative. A la sortie de l&rsquo;école normale, il fût nommé instituteur ajoint à Lye, dans l&rsquo;Indre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Il écrit également que Eugène prit avec lui son frère cadet Eugène Ernest, futur père de Marc, qu&rsquo;il prépara à son tour à entrer à l&rsquo;école normale, et qui devint lui aussi instituteur (voir ci-dessous). Enfin, on découvre sur l&rsquo;acte de mariage de Eugène-le-cadet que Eugène-l&rsquo;ainé, son témoin, vivait en 1890 à Gargilesse.</p>
<p>Et c&rsquo;est tout. Comme Marc n&rsquo;en parle plus après avoir indiqué qu&rsquo;il avait une santé délicate, j&rsquo;en avais conclu un peu facilement qu&rsquo;il était probablement mort jeune et célibataire. Je me trompais ! En consultant les différents registres à Gargilesse, d&rsquo;abord les recensements puis l&rsquo;état-civil, on découvre non seulement qu&rsquo;il s&rsquo;est marié à Eugénie VALLÉE, institutrice à l&rsquo;école de filles de Gargilesse, mais aussi qu&rsquo;ils sont parents de 6 enfants ! Henri, Hélène, Jean, Henriette, Pierre et Renée sont nés entre 1890 et 1898. Placés en pension chez une nourrice pendant leurs premiers mois d&rsquo;existence, ils réintègrent chacun à leur tour le domicile de leurs parents lorsqu&rsquo;ils atteignent l&rsquo;âge de 3 ans environ.  </p>
<p>En 1898, la famille quitte Gargilesse pour Bazaiges, où sont nommés Eugène et Eugénie. Là-bas naîtra Paul, leur septième enfant. En 1901, ils seront nommés à Lurais où Robert viendra au monde en 1903, clôturant la fratrie.</p>
<p>Cette nombreuse descendance a prospéré et s&rsquo;est disséminée dans plusieurs coins de France<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="La plupart des informations communiquées proviennent des mentions marginales des actes de naissance. Il n&rsquo;y en a aucune sur l&rsquo;acte de naissance de Henri, le fils aîné du couple. Seule certitude : il n&rsquo;est pas mort en bas-âge puisqu&rsquo;il vit à Bazaiges avec ses parents en 1901, alors âgé de 10 ans &#8211; (to be continued&#8230; Voir article &laquo;&nbsp;Quoi de neuf&nbsp;&raquo;)." id="return-note-26-5" href="#note-26-5"><sup>5</sup></a></span> : Hélène et Renée se sont mariées dans l&rsquo;Indre, tout comme Jean qui était professeur de mathématiques au Blanc. Pierre s&rsquo;est marié dans le Loir-et-Cher, il est décédé en Bretagne à l&rsquo;âge de 68 ans. Henriette s&rsquo;est mariée à Evreux, elle est décédée à Verrières-le-Buisson dans l&rsquo;Essonne en 1984. Paul, enfin, s&rsquo;est installé comme quincailler à Paris (12e), où il a épousé en 1925 Marie Marguerite BUISSON-GENTIL&rsquo;HOMME, une dactylographe. Il est mort en 1966, laissant au moins un fils : Jacques, né en 1934.</p>
<p>On ignore si le couple est resté à Lurais jusqu&rsquo;à la retraite. On sait seulement que Eugène était décédé le jour du mariage de Paul &#8211; quant à Eugénie, elle était alors domiciliée au Blanc, où elle s&rsquo;est éteinte en 1935.</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;">
<a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=eugene+ernest;n=michon" alt="EUG&Egrave;NE ERNEST MICHON sur Généanet" title="EUG&Egrave;NE ERNEST MICHON sur Généanet" target="_blank"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/geneanet-p.jpg" alt="geneanet-lien" width="83" height="20" style="float:right;" /></a><strong>[MICHON] Eug&egrave;ne Ernest MICHON et Eugénie CERTAIN</strong>
</div>
<div style="padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Une fois sorti de l&rsquo;école normale d&rsquo;instituteurs de Châteauroux dont il avait réussi le concours grâce à son frère Eugène que nous venons d&rsquo;évoquer, Eugène Ernest est nommé instituteur adjoint à B&eacute;l&acirc;bre. </div>
<div style="padding:5px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Chaque matin, lorsqu&rsquo;il se rend à son travail depuis la chambre qu&rsquo;il loue au bourg, il passe devant l&rsquo;école de filles où officie Eugénie<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Eugénie et sa soeur Louise ont été formées par Madame NEVEU, institutrice à Belâbre. Aucune information ne précise si elles sont ensuite passées par une école normale." id="return-note-26-6" href="#note-26-6"><sup>6</sup></a></span>, l&rsquo;une des filles de <a href="http://www.moutbouch.net/alexandre-certain/" title="Zoom : Alexandre CERTAIN">Alexandre CERTAIN</a> que fréquentaient ses parents plusieurs années auparavant, alors que tout le monde demeurait à Saint-Hilaire-sur-Benaize. </p>
<p>On sait qu&rsquo;elle guette ses pas, on devine qu&rsquo;ils se fréquentent avec le consentement de leurs familles, qu&rsquo;ils se plaisent&#8230; ils se marient en avril 1890. Marc et Raymond, leurs fils, voient le jour à Belâbre respectivement en juin 1893 et en octobre 1895. Ils déménagent ensuite à Niherne où naîtront leurs filles Laurence (août 1897) et France (février 1905).</p>
<p>En cette fin de XIXe siècle, pendant que les institutrices mènent un combat acharné afin d&rsquo;obtenir les mêmes faveurs législatives que leurs homologues masculins (création d&rsquo;écoles normales d&rsquo;institutrices, ouverture d&rsquo;écoles primaires de filles laïques et gratuites, accès à l&rsquo;instruction et non plus seulement à l&rsquo;éducation, etc.), les hommes se battent sur un terrain politique et idéologique. Différents courants et lobbys s&rsquo;affrontent : nostalgiques de l&rsquo;Ancien Régime, admirateurs de l&rsquo;Empire, ecclésiastiques, révolutionnaires, républicains, socialistes&#8230; l&rsquo;éducation des peuples si chère à Jules FERRY est l&rsquo;un des nerfs de la guerre que se livrent ceux qui luttent pour imposer le modèle de société auquel ils croient. Ainsi, la méfiance avec laquelle on observe l&rsquo;instituteur communal est à peu près à la hauteur de celle que l&rsquo;on réserve aux établissements d&rsquo;enseignement religieux, et lorsque la loi du 5 avril 1884 sur l&rsquo;organisation municipale est votée, on interdit l&rsquo;accès aux fonctions de maire ou d&rsquo;adjoint à la fois aux ministres des cultes et aux instituteurs<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Il faudra attendre la loi du 16 février 1916, puis surtout la loi du 9 septembre 1947, pour qu&rsquo;enfin les instituteurs soient autorisés à exercer les fonctions de maire ou d&rsquo;adjoint." id="return-note-26-7" href="#note-26-7"><sup>7</sup></a></span>. Ce climat tendu crée parfois des ruptures dans les familles &#8211; par exemple, Marc est envoyé à l&rsquo;âge de 7 ans en pension chez sa tante maternelle Louise CERTAIN, institutrice à Châtillon-sur-Indre, car Eugène Ernest désapprouve les idées conservatrices du directeur de l&rsquo;école de Niherne ; voir également plus bas le portrait DUHOUX -, et pousse certains instituteurs à quitter leur fonction pour réaliser leurs ambitions politiques. C&rsquo;est le cas pour Eugène Ernest, suivi par sa femme&nbsp;:&nbsp;le couple se retire de l&rsquo;enseignement peu de temps après leur installation à Niherne. Eugène prend les commandes d&rsquo;un petit atelier de lingerie situé dans un faubourg de la commune, et se présente aux élections. Il les remporte, et sera maire jusqu&rsquo;en 1908, date à laquelle il se fera ravir le titre par ses opposants. La famille quittera alors Niherne pour Buxières-d&rsquo;Aillac, où Eugène et Eugénie finiront leur carrière comme instituteurs à l&rsquo;école mixte de la commune, dont la classe de garçons et la classe de fille étaient séparées par un vestiaire où sera dressée la table du repas de mariage de Marc MICHON et Marie MARÉCHAL fin décembre 1917.
</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;">[MICHON] Laurence MICHON (1897-1977) et Marie MARÉCHAL (1896-1985)</div>
<div style="padding:5px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
C&rsquo;est au cours d&rsquo;une permission en mai 1917 que Marc MICHON, fraîchement débarqué du train, croise par hasard sa soeur sur les trottoirs de Châteauroux. Laurence est institutrice à Ardentes, et elle raccompagne à la gare son amie Marie MARÉCHAL, institutrice à Urciers près de La Châtre<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Cela n&rsquo;est pas précisé, mais Laurence et Marie se sont probablement rencontrées à l&rsquo;école normale d&rsquo;institutrice de Châteauroux, dont on sait que Marie est sortie en 1914 après avoir obtenu son brevet supérieur." id="return-note-26-8" href="#note-26-8"><sup>8</sup></a></span>. Marc est sous le charme, il épousera Marie 7 mois plus tard. Laurence se mariera à Ardentes en 1919 et décédera à Paris en 1977. Marie sera nommée institutrice à Issoudun après la guerre, mais elle quittera l&rsquo;enseignement pour élever ses enfants après la naissance de sa fille Jacqueline en 1919.</div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;">
<a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=henri;n=aupaix" alt="Henri AUPAIXL sur Généanet" title="Henri AUPAIX sur Généanet" target="_blank"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/geneanet-p.jpg" alt="geneanet-lien" width="83" height="20" style="float:right;" /></a>[BOUCHARD] Henri AUPAIX (1822-1905)
</div>
<div style="padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Oncle maternel de Eugène PESSAULT, Henri naît à Saint-Vincent d&rsquo;Ardentes le 7 août 1822, d&rsquo;un père cordonnier originaire de Sassierges-Saint-Germain (Michel AUPAIX) et d&rsquo;une mère issue d&rsquo;une famille de forgerons d&rsquo;Ardentes (Marguerite JUS). Il grandit dans un environnement relativement aisé : ses parents sont des notables de la ville, ils savent lire, écrire et signer, ils vivent dans une maison du bourg mais sont très proches de la famille JUS qui demeure aux Forges Hautes, et ils fréquentent la petite bourgeoisie locale. </p>
<p>Jean Pierre BAUDE, instituteur de l&rsquo;école primaire Saint-Vincent d&rsquo;Ardentes en 1826 et ami de la famille, est choisi pour être le parrain de Jean Jules, frère cadet de Henri, qui décède à l&rsquo;âge de 19 mois. On peut imaginer que c&rsquo;est à son initiative que Henri va se diriger vers le métier d&rsquo;instituteur, ou tout au moins qu&rsquo;il l&rsquo;a influencé. Rien ne le prouve cela dit, et les pistes restent à explorer : Henri, qui demeurera toute sa vie à Ardentes, disparaît des registres de recensement de la ville en 1841 et en 1846, pour réapparaître chez ses parents en 1851, il est alors instituteur communal. </p>
<p>On l&rsquo;avait quitté en 1836 : seul fils de Michel et Marguerite au milieu de 3 soeurs, il avait 14 ans et était étudiant. Qu&rsquo;il se marie en 1858 à Châteauroux indique qu&rsquo;il y a probablement suivi ses études d&rsquo;instituteur, sans doute à l&rsquo;école normale primaire &#8211; à moins qu&rsquo;il n&rsquo;ait été adoubé par l&rsquo;église et placé en formation auprès d&rsquo;un instituteur aguerri. Son premier fils Charles Michel (dit Emile) voit le jour à Châteauroux. Suivront Armand, Jules et Maria, tous nés à Ardentes. Henri est une figure de la commune, tout comme ses soeurs, beaux-frères, cousins et leurs familles, qui composent une grande partie de la population du bourg de Saint-Vincent d&rsquo;Ardentes. Tous vivront longtemps sans que la maladie ou la guerre ne leur enlève leurs enfants. A noter tout de même que plusieurs couples n&rsquo;auront pas d&rsquo;enfants du tout.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;il prend sa retraite de l&rsquo;enseignement, Henri s&rsquo;installe comme marchand-faïencier avec sa femme, toujours à Ardentes, où il décède en 1905. 1905, c&rsquo;est l&rsquo;année où est adoptée la fameuse loi de séparation des Églises et de l&rsquo;État<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Lire : Loi de séparation des Églises et de l&rsquo;État sur Wikipédia" id="return-note-26-9" href="#note-26-9"><sup>9</sup></a></span> : il n&rsquo;aura donc pas eu à en vivre les conséquences, lui dont le fils Armand a fondé une famille 100% instituteur (voir ci-dessous), lui dont la fille Maria a pris le voile pour être religieuse à Quimper.
</div>
<div style=" padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Armand AUPAIX, son fils aîné, est ainsi celui qui assure la relève : il devient lui aussi instituteur. Il épouse Léonide AUDEBERT, une institutrice fille d&rsquo;instituteurs, originaire de la Creuse, avec laquelle il aura 3 enfants. Le couple sera successivement nommé à Meunet-Planches, Anjouin, Bazaiges puis Gargilesse<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="On raconte que c&rsquo;est parce que les &laquo;&nbsp;huiles&nbsp;&raquo; indriennes avaient appris que Armand avait une soeur religieuse qu&rsquo;on les déménageait aussi souvent. A Gargilesse où le couple termine son parcours, la famille vivra dans la maison de Georges SAND, dont ils se sépareront en 1922." id="return-note-26-10" href="#note-26-10"><sup>10</sup></a></span>&#8230; Parce que le monde est petit et qu&rsquo;il y a des indices concordants, on peut raisonnablement admettre que Armand et Léonie connaissaient Eugène et Eugénie MICHON-VALLÉE : d&rsquo;une part il y a ce chassé-croisé Gargilesse/Bazaiges (cf la publication dans &laquo;&nbsp;L&rsquo;Indépendant du Blanc&nbsp;&raquo; ci-dessus), d&rsquo;autre part ils sont proches en âge et se sont sûrement côtoyés pendant leur formation à l&rsquo;école normale. Il y avait donc une connexion BOUCHARD-MICHON presque 50 ans avant celle que nous connaissons !<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Mémo : Armand AUPAIX est le cousin germain de Eugène PESSAULT, grand-père maternel de André BOUCHARD ; Eugène MICHON-VALLÉE est un grand-oncle paternel de Colette MICHON" id="return-note-26-11" href="#note-26-11"><sup>11</sup></a></span>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;">
<a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=pierre+auguste;n=pourreau" alt="Auguste POURREAU sur Généanet" title="Auguste POURREAU sur Généanet" target="_blank"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/geneanet-p.jpg" alt="geneanet-lien" width="83" height="20" style="float:right;" /></a>[MOUTON] Auguste POURREAU (1806-1878)
</div>
<div style=" padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Instituteur à Vergigny dans l&rsquo;Yonne pendant près de 40 ans, il sera ensuite marchand de bois une fois retraité de l&rsquo;enseignement.
</div>
<div style=" padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Né à Turny<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Village de l&rsquo;Yonne situé à 10kms de Vergigny, autrefois principalement viticole." id="return-note-26-12" href="#note-26-12"><sup>12</sup></a></span>, Auguste est le seul descendant masculin d&rsquo;une lignée de vignerons. Difficile de connaître les raisons qui ont conduit à ce surprenant  changement de cap : il semble impossible de découvrir<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Les archives antérieures à 1835 ne sont pas très prolixes." id="return-note-26-13" href="#note-26-13"><sup>13</sup></a></span> pourquoi, quand, où, et comment il a été décidé ou bien même pas qu&rsquo;il quitterait les vignes pour être instituteur<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Dans la première moitié du XIXe siècle, les gouvernements successifs qui s&rsquo;efforcent d&rsquo;améliorer et de généraliser l&rsquo;enseignement primaire public doivent composer avec l&rsquo;Église catholique, qui souhaite continuer à contrôler la formation intellectuelle et morale de la jeunesse française. Hors des grandes villes, une large majorité des écoles (et la quasi totalité en ce qui concerne les écoles de filles) est encore sous la tutelle de religieux (curés, prêtres, moines, soeurs, etc.). Il n&rsquo;y a donc pas de règles établies ou de passage obligé par une école normale : un instituteur peut aussi bien avoir été formé &laquo;&nbsp;sur place&nbsp;&raquo; et désigné par la communauté civile et/ou religieuse en vue d&rsquo;occuper la fonction de maître d&rsquo;école." id="return-note-26-14" href="#note-26-14"><sup>14</sup></a></span> &#8211; à moins de suppositions. Des capacités inattendues ? Une rencontre ? Une santé incompatible au labeur de la terre en plein air ? Une lubie parentale et la volonté de mobiliser tous les moyens vers un objectif ? Tout à la fois ? Délicat de se prononcer. On apprend seulement que son unique soeur Anne Alexandrine décède à l&rsquo;âge de 16 ans alors qu&rsquo;il en a 13, qu&rsquo;il perd sa mère quand il a 19 ans, et puis qu&rsquo;il quitte Turny pour Vergigny où viendra le rejoindre son père. Il y est installé et exerce déjà comme instituteur le jour de son mariage : il a 23 ans.</div>
<div style="padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Auguste épouse Marie Virginie MOUTON<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Cousine germaine de l&rsquo;arrière-grand-père paternel de Léon MOUTON." id="return-note-26-15" href="#note-26-15"><sup>15</sup></a></span>, l&rsquo;une des filles de <a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=jean+francois;n=mouton;oc=1" target="_blank">Jean François MOUTON</a>, cultivateur, propriétaire, et maire de Vergigny. C&rsquo;est un &laquo;&nbsp;beau mariage&nbsp;&raquo;, qui conforte sa nouvelle position sociale : la famille MOUTON est bourgeoise et prolifique depuis plusieurs générations<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Les MOUTON de ce coin de l&rsquo;Yonne descendent de Antoine MOUTON, procureur fiscal à a fin du XVIIe/début du XVIIIe siècle. Tous ne relèveront pas le défi, mais on compte au XIXe siècle parmi sa descendance de nombreux maires et notables &#8211; voir Généanet. Par ailleurs tous savent signer, garçons comme filles, quelle que soit leur profession." id="return-note-26-16" href="#note-26-16"><sup>16</sup></a></span>. De ce mariage naîtront Eugénie, qui retournera à la terre en épousant Cyprien JACQUINOT, cultivateur à Vergigny &#8211; ils auront une fille morte en bas âge, et un fils aussi cultivateur &#8211; ; puis Auguste Hippolyte, qui décédera à l&rsquo;âge de 7 jours. </p>
<p>Une fois trop âgé pour enseigner, Auguste finira sa vie auprès de sa fille et de son gendre, en vendant du bois.
</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;">
<a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=leon+prosper+isidore;n=roussel" alt="Léon ROUSSEL sur Généanet" title="Léon ROUSSEL sur Généanet" target="_blank"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/geneanet-p.jpg" alt="geneanet-lien" width="83" height="20" style="float:right;" /></a>[GERVOIS] Léon ROUSSEL (1833-1897)
</div>
<div style="padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
Instituteur à Crosne dans l&rsquo;Essonne<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Lieu de naissance de Nicolas BOILEAU d&rsquo;après certaines sources. La famille de Boileau y possédait une maison de campagne." id="return-note-26-17" href="#note-26-17"><sup>17</sup></a></span>, puis à Montgeron où il sera secrétaire de mairie une fois retraité de l&rsquo;enseignement, Léon est issu d&rsquo;une famille de cultivateurs originaire de Mézières-sur-Seine dans les Yvelines. Son père, Noël ROUSSEL, fils cadet, laissera le travail de la terre à son frère aîné pour être instituteur à Villiers-Adam dans le Val-d-Oise<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Toutes les communes citées appartenaient à l&rsquo;époque et jusqu&rsquo;au 1er janvier 1968 au département de Seine-et-Oise." id="return-note-26-18" href="#note-26-18"><sup>18</sup></a></span>. Léon épouse Appoline GUYARD<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Cousine germaine de Auguste GUYARD, arrière-grand-père maternel de Thérèse GERVOIS." id="return-note-26-19" href="#note-26-19"><sup>19</sup></a></span>, du couple naîtront 4 enfants dont deux filles décédées en bas âge. Les enfants survivants, Charles et Marie, se marieront à Montgeron puis s&rsquo;installeront à Paris avec leurs époux respectifs comme négociants/marchands de vin en gros.
</div>
<div style=" padding:5px; line-height:20px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
A Crosne, où elle est installée entre 1855 et 1861<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="On trouve Léon, sa femme et leurs enfants à Crosne en 1861 puis à Montgeron en 1866 (cf relevés de recensement). Par ailleurs, c&rsquo;est en 1961 qu&rsquo;est inauguré le nouvel ensemble scolaire à Crosne, construit de part et d&rsquo;autre de la mairie. Je prends donc pour postulat que Léon a laissé son poste d&rsquo;instituteur et quitté Crosne avec sa famille au cours de l&rsquo;année 1861." id="return-note-26-20" href="#note-26-20"><sup>20</sup></a></span>, la famille demeure passage de l&rsquo;église, au presbytère, résidence qu&rsquo;elle partage avec Louis MUSSO, le curé. Bien que Léon soit recensé comme instituteur public, il est fort probable que l&rsquo;école primaire à Crosne à cette période ait été sous la tutelle de l&rsquo;église.
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;"><a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=henri+etienne+joseph;n=robache" alt="Henri ROBACHE sur Généanet" title="Henri ROBACHE sur Généanet" target="_blank"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/geneanet-p.jpg" alt="geneanet-lien" width="83" height="20" style="float:right;" /></a>[VEUILLE] Henri ROBACHE (1794-?)</div>
<div style="padding:5px; font-size:0.9em; text-align:justify;">Fils d&rsquo;un clerc laïc instituteur<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Encore un exemple de l&rsquo;implication de l&rsquo;église dans l&rsquo;éducation des jeunes, et sa volonté de perdurer dans cette voie même avec l&rsquo;apparition d&rsquo;écoles publiques." id="return-note-26-21" href="#note-26-21"><sup>21</sup></a></span> à Escaudoeuvres dans le département du Nord, lui-même instituteur au début du XIXe siècle à Blécourt également dans le Nord, Henri est l&rsquo;époux de Marie Josèphe DEFOSSEZ &#8211; cousine d&rsquo;un ancêtre de Jeanne VEUILLE-MOUTON, elle aussi institutrice en région parisienne au début du siècle dernier.</div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="background-color:#16b7cc; font-weight:bold; padding:5px; line-height:20px;"><a href="http://gw3.geneanet.org/pennylove?lang=fr;p=phalier;n=duhoux" alt="PHALIER DUHOUX sur Généanet" title="PHALIER DUHOUX sur Généanet" target="_blank"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/geneanet-p.jpg" alt="geneanet-lien" width="83" height="20" style="float:right;" /></a>[BOUCHARD] Phalier DUHOUX et Sylvain DUHOUX</div>
<div style="padding:5px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
<em>Pour conclure ces portraits, voilà une histoire digne des CAPULET et des MONTAIGU &#8211; sauf que, Dieu merci, personne ne meurt dramatiquement à la fin ! J&rsquo;ai pris la liberté de romancer le parcours qui a mené Sylvain DUHOUX et Rose BOUCHARD<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Repère généalogique : Marie Rose BOUCHARD est la cousine germaine de Bernard BOUCHARD, arrière-grand-père de Léonce BOUCHARD (père de André-dit-Papili)." id="return-note-26-22" href="#note-26-22"><sup>22</sup></a></span> au mariage en m&rsquo;inspirant d&rsquo;autres histoires réelles lues ici et là. Que les personnages me pardonnent si &laquo;&nbsp;ça ne s&rsquo;est pas du tout passé comme ça&nbsp;&raquo; ;o)</em></p>
<p>Porteurs d&rsquo;idées progressistes, les instituteurs étaient, on l&rsquo;a vu, souvent en butte au mépris et à la vindicte de l&rsquo;église et des notables conservateurs, lesquels voyaient d&rsquo;un très mauvais oeil se développer la pensée révolutionnaire. En voici un exemple, qui illustre le climat délétère qui régnait entre les protagonistes de cette guerre des idées&#8230;</p>
<p>Phalier DUHOUX est un précurseur : cabaretier à Graçay, il est bien intégré dans la bourgeoisie locale jusqu&rsquo;au jour où lui prend l&rsquo;idée saugrenue de s&rsquo;auto-proclamer instituteur communal. Nous sommes au tout début du XIXe siècle, à peine sortis du calendrier révolutionnaire, les écoles sont encore tenues par des religieux qu&rsquo;il est de bon ton de payer si on souhaite y envoyer sa progéniture pour qu&rsquo;elle apprenne à lire, écrire et compter entre gens de bonne compagnie, dans un environnement propice et catholique. Phalier<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Dans l&rsquo;Ancien Régime, Saint-Phalier était une commune à part entière, rebaptisée &laquo;&nbsp;La Liberté&nbsp;&raquo; à la Révolution, avant d&rsquo;être absorbée par la commune de Graçay (au même titre que Coulon et Avexy). Notre homme portait bien son prénom ^^." id="return-note-26-23" href="#note-26-23"><sup>23</sup></a></span>, lui, semble avoir décidé de prendre au pied de la lettre les intentions de la loi du 5 nivôse an II, qui dispose que l&rsquo;enseignement sera laïc, gratuit, et obligatoire sur tout le territoire, et pour tous les enfants quelle que soit leur origine sociale. </p>
<p>La rupture est consommée et la bonne société graçayaise tourne rapidement le dos au &laquo;&nbsp;socialiste utopique&nbsp;&raquo;, ainsi qu&rsquo;à toute cette nouvelle bourgeoisie éclairée qui se réclame de Saint-Simon, s&rsquo;oppose à l&rsquo;individualisme et répand un idéal communautaire plutôt pacifiste et réformiste. Phalier n&rsquo;en à que faire, il laisse les &laquo;&nbsp;fieffés réactionnaires&nbsp;&raquo; à leurs élucubrations enragées, se rapprochant de certains dissidents qui, comme lui, préfèrent une pensée visionnaire<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Parmi eux on trouve évidemment d&rsquo;autres &laquo;&nbsp;mouton noirs&nbsp;&raquo; des familles bourgeoises, cf François QUERRIOT, cousin issu de germain de Louis BOUCHARD, qui sera témoin au mariage DUHOUX-BOUCHARD." id="return-note-26-24" href="#note-26-24"><sup>24</sup></a></span>. Il instruit ses 8 enfants et tous ceux qu&rsquo;on veut bien lui confier. Il prend à ses côtés son fils aîné Sylvain qu&rsquo;il forme au métier d&rsquo;instituteur, avant de lui laisser la charge de l&rsquo;école parce qu&rsquo;il est nommé Greffier du juge de paix de la commune, ce qui n&rsquo;arrange pas l&rsquo;ambiance sur le pavé de Graçay.</p>
<p>Les enfants DUHOUX sont partisans des idées de leur père. Ils souffrent néanmoins du statut de &laquo;&nbsp;pestiférés&nbsp;&raquo; qui les prive de contact avec la moitié des enfants de la ville : les notables interdisent leur fréquentation, et même si certains résistent en secret il est parfois difficile de se résigner.</p>
<p>Sylvain fait face à un dilemme de ce genre : depuis ce jour de l&rsquo;enfance où il l&rsquo;a sauvée des eaux en crue du Pozon, il a promis à Rose BOUCHARD de l&rsquo;épouser, et elle a accepté. Personne n&rsquo;en a jamais rien su, personne ne sait qu&rsquo;ils sont inséparables et qu&rsquo;ils ont inventé tout un tas de stratagèmes pour se rencontrer presque tous les jours depuis des années, sans jamais se faire prendre&#8230; Heureusement, car pour elle c&rsquo;était le couvent assuré.</p>
<p>Ils ont grandi ensemble, cachés, couvant leur secret avec toute la candeur de l&rsquo;adolescence. Sylvain est brillant, cultivé, princier, Rose est déterminée, méticuleuse, enjouée, ils se lancent des oeillades enamourées, ils rient beaucoup, se content des histoires, se prennent la main, s&rsquo;embrassent, s&rsquo;enlacent, lui le grand garçon brun aux épaules carrées doté de prunelles noir de jais, elle si délicate et toute menue, blonde, des yeux bleus comme le ciel au mois de juillet&#8230; Les mois passent. Elle est à présent &laquo;&nbsp;majeure quant au mariage&nbsp;&raquo;, lui pas encore<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Jusqu&rsquo;en 1907, la majorité matrimoniale était fixée à 21 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons &#8211; voir http://geneal30.free.fr/Atelier/majorite_et_puberte.htm" id="return-note-26-25" href="#note-26-25"><sup>25</sup></a></span> mais il sait que Phalier ne s&rsquo;opposera pas à l&rsquo;union.  </p>
<p>En revanche, Rose est tout à fait consciente qu&rsquo;elle va déclencher un tremblement de terre. Fille de Louis BOUCHARD et Marie DELAIGUE, elle est leur unique enfant survivant depuis la mort accidentelle quatre ans plus tôt de Louis, son petit-frère<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Louis avait 12 ans. Trois autres enfants étaient nés du couple, sans survivre à la très petite enfance, étant tous morts avant l&rsquo;âge de 1 an." id="return-note-26-26" href="#note-26-26"><sup>26</sup></a></span>, alors qu&rsquo;il jouait dans l&rsquo;atelier de charrons &laquo;&nbsp;BOUCHARD frères&nbsp;&raquo;. Elle a déjà refusé à plusieurs reprises des mariages arrangés par ses parents, et éconduit une dizaine de prétendants. </p>
<p>Il faut savoir qu&rsquo;à Graçay, les BOUCHARD et les DELAIGUE tiennent le haut du pavé. Ils sont riches, instruits, notables respectés. Côté BOUCHARD, les hommes sont charrons depuis des générations et on se fournit chez eux au delà des limites du canton. Côté DELAIGUE, le père de Marie est membre du conseil général et officier public, contrôlant d&rsquo;une main ferme les registres du nouvel Etat-Civil. Ses oncles, frère, cousins sont notaire, boulanger, marchand de tissus, entrepreneur de bâtiments, cultivateur-propriétaire &#8211; et surtout très attachés à l&rsquo;Ancien Régime, à ses usages et à ses codes, aux ressources de la terre. Autant dire qu&rsquo;une alliance avec la famille DUHOUX n&rsquo;est pas du tout dans leurs projets, d&rsquo;autant moins que Rose est la seule héritière de ses parents : imaginer que leur patrimoine sera transféré dans le giron des pourfendeurs de la tradition, pour être mis au service de chimères intellectuelles, c&rsquo;est impensable, odieux, et totalement hors de question. </p>
<p>Pourtant, c&rsquo;est bien ce qui va se produire. Rose a 21 ans révolus lorsque l&rsquo;annonce est faite. En mai, puis en juin, elle se rend avec Sylvain chez Monsieur le Curé, et les bans sont affichés. Ses parents sont mis devant le fat accompli. Tempête. Son père blêmit, sa mère éructe, est-ce que tu as perdu la tête ? Aucune conciliation n&rsquo;est trouvée, chacun campe sur ses positions. Louis et Marie se braquent, menacent, ameutent l&rsquo;entourage proche, invitent des hommes de loi, huissiers, notaires, n&rsquo;y a t&rsquo;il rien à faire pour éviter le scandale, est-ce qu&rsquo;on ne peut pas l&rsquo;enfermer, l&rsquo;exiler, la contraindre ? Ils refusent leur consentement<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Jusqu&rsquo;en février 1933, il était obligatoire pour se marier d&rsquo;obtenir le consentement des parents, ou à défaut du conseil de famille. En cas de refus, il était possible à condition de majorité de leur signifier le projet de mariage par le biais de sommations respectueuses adressées par un notaire (jusqu&rsquo;en 1907), puis via une simple notification officielle dont on devait pouvoir fournir la preuve." id="return-note-26-27" href="#note-26-27"><sup>27</sup></a></span>. Marie, encore plus remontée que son mari, sollicite une entrevue auprès de Françoise CARRÉ épouse DUHOUX, la mère de Sylvain, pour lui demander de ramener son fils à la raison : c&rsquo;est un échec. Rose tente d&rsquo;attendrir sa famille, elle pleure, elle argumente : encore un échec. La situation est intenable, et Phalier propose alors à son fils d&rsquo;installer Rose dans une petite chambre située dans les combles de l&rsquo;école primaire.</p>
<p>Rose accepte. Elle quitte la maison de son enfance, emportant le strict nécessaire sous le regard accusateur et silencieux de ses parents, plus décidée que jamais à épouser le seul homme avec lequel elle souhaite partager son existence. Elle devient couturière, pour subvenir à ses besoins et payer les frais de procédure qu&rsquo;elle va devoir engager. Au début du mois de juillet, Sylvain l&rsquo;accompagne chez un notaire, qui va adresser au couple BOUCHARD-DELAIGUE la première des trois sommations respectueuses d&rsquo;usage. Sans succès, évidemment : le refus est toujours sans appel<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="A noter que la réception d&rsquo;actes respectueux était particulièrement mal perçue dans la société bourgeoise, notamment parce qu&rsquo;ils matérialisaient la désobéissance filiale, et donc l&rsquo;échec des parents à faire respecter leur volonté par leurs enfants." id="return-note-26-28" href="#note-26-28"><sup>28</sup></a></span>. Même chose un mois plus tard, et le mois suivant, lors de la présentation de la deuxième puis de la troisième sommation. Le mariage aurait alors pu être célébré en octobre, mais le jugement du tribunal de première instance de Bourges, auprès duquel les BOUCHARD ont formé une opposition au mariage au mois de mai, se fait attendre jusqu&rsquo;en novembre. Le résultat est celui que les fiancés attendaient : rendu par défaut, le jugement autorise le mariage&#8230; qu&rsquo;il faut néanmoins reporter une fois encore, car les parents de Rose font appel. Ils sont déboutés en décembre, et le tribunal ordonne de passer outre l&rsquo;opposition à la célébration du mariage. Enfin, le 3 janvier 1821, ils se disent un grand OUI à la mairie. La famille DUHOUX au grand complet applaudit, ils sont entourés de leurs proches &#8211; François QUERRIOT, cousin issu de germain de Louis BOUCHARD et ami de Phalier DUHOUX, a accepté d&rsquo;être le témoin de la mariée.</p>
<p>Rose se marie enceinte. <em>&laquo;&nbsp;Elle leur aura tout fait&nbsp;&raquo;</em>, dira-t-on lorsque l&rsquo;enfant, une fille<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Prénommée Marie Françoise Clémence, elle décède à l&rsquo;âge de 4 ans et c&rsquo;est Louis BOUCHARD qui accompagne Sylvain à la mairie pour en faire la déclaration." id="return-note-26-29" href="#note-26-29"><sup>29</sup></a></span>, naîtra cinq mois après la noce, presque un an jour pour jour après la première publication du projet de ce mariage qu&rsquo;ils ont tellement souhaité. </p>
<p>Trois garçons suivront : Louis Phalier<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Parvenu à l&rsquo;âge adulte, Louis Phalier se marie dans l&rsquo;Allier puis s&rsquo;installe comme pharmacien à La Guerche-sur-l&rsquo;Aubois dans le Cher. Il aura 2 filles, qui mourront en bas âge." id="return-note-26-30" href="#note-26-30"><sup>30</sup></a></span>, qui rassemble autour de son patronyme les deux grand-pères opposés ; Edouard Etienne<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Edouard Etienne est témoin au mariage de son frère Louis Phalier en 1855, il est alors Sergent-major au 97e de ligne, en garnison à Narbonne (Aude). Puis il se marie à Souvigny, dans l&rsquo;Allier, en 1863 : il est alors agent comptable pour les Chemins de Fer d&rsquo;Orléans. Il a été ensuite chef de station à Terrasson-Lavilledieu, puis sous-chef de gare à Niort. Il a eu trois enfants." id="return-note-26-31" href="#note-26-31"><sup>31</sup></a></span> qui aura pour parrain Etienne DELAIGUE (cousin germain de Rose) ; et Edmond Phalier<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Témoin au mariage de Etienne Edouard : il est alors dit &laquo;&nbsp;Percepteur de Bussy, en résidence à Dun-le-Roi&nbsp;&raquo;." id="return-note-26-32" href="#note-26-32"><sup>32</sup></a></span>, dont la naissance est déclarée par Sylvain en compagnie de&#8230; Louis BOUCHARD. </p>
<p><div id="attachment_570" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/bouchard_marie-rose-300x273.jpg" alt="Marie Rose BOUCHARD" width="290"  class="size-medium wp-image-570" /><p class="wp-caption-text"><center><span style="font-size:0.9em;">Marie Rose BOUCHARD</span></center></p></div>Car il y a eu réconciliation ! Après avoir tellement compliqué la vie de leur fille, la famille de Rose s&rsquo;est finalement assez rapidement fait une raison : peut-être parce que leur entêtement est tout à coup apparu comme vain, peut-être parce que se priver des joies de connaître la descendance a soudainement été insupportable, peut-être parce que Sylvain, devenu marchand-épicier<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Puis greffier du juge de paix." id="return-note-26-33" href="#note-26-33"><sup>33</sup></a></span>, les a séduit par l&rsquo;énergie et la joie qu&rsquo;il mettait à aimer Rose et à former avec elle une heureuse famille, peut-être parce qu&rsquo;ils ont réalisé que tout n&rsquo;était pas à jeter dans ce nouveau monde qui était entrain de se dessiner, et peut-être même tout à la fois : seuls les imbéciles ne changent pas d&rsquo;avis, n&rsquo;est-ce pas ?<span style="margin-left:3px;"><a class="simple-footnote" title="Marie, la mère de Rose, est décédée le 1er janvier 1826. C&rsquo;est seulement après cette date que l&rsquo;on voit la signature de Louis sur les actes. Donc : peut-être aussi que c&rsquo;était elle la plus opposée à l&rsquo;union ?" id="return-note-26-34" href="#note-26-34"><sup>34</sup></a></span></p>
<p>Louis s&rsquo;est installé chez sa fille et son gendre lorsqu&rsquo;il fût trop compliqué pour lui de continuer à vivre seul. Il est décédé en leur domicile en 1851, 8 mois après la mort accidentelle de Sylvain le 8 juillet 1850. Rose demeure à Graçay jusqu&rsquo;à 70 ans passés, puis va s&rsquo;installer chez son fils aîné à La Guerche-sur-l&rsquo;Aubois, où elle s&rsquo;éteint le 17 décembre 1877 : elle allait avoir 79 ans.
</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ainsi s&rsquo;achève cette longue balade à la rencontre des quelques figures du passé qui, embrassant avec force et détermination un métier en pleine transformation, ont donné à leur vie une certaine forme de poésie.<br />
<br />&nbsp;<br />
<div id="attachment_334" style="width: 575px" class="wp-caption aligncenter"><img src="http://www.moutbouch.net/wp-content/uploads/2013/03/ecole-normale-chateauroux-etude-1899.jpg" alt="Ecole Normale d&#039;Instituteurs de Châteauroux - 1899" width="565" class="size-full wp-image-334" /><p class="wp-caption-text"><div align="center" style="font-size:0.8em">Ecole Normale d&rsquo;Instituteurs de Châteauroux &#8211; L&rsquo;étude &#8211; 1899 © Musée national de l&rsquo;Éducation &#8211; CNDP</div>
<p></p></div><br />
</p>
<hr class="notes">
<strong>POUR ALLER PLUS LOIN :</strong></p>
<div style="padding:3px; font-size:0.9em; text-align:justify;">
<a href="http://www.le-temps-des-instituteurs.fr/histoire.html" target="_blank">> Le temps des instituteurs : histoire</a><br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%A9ducation_en_France" title="Histoire de l'éducation en France - Wikipedia" target="_blank">> Histoire de l&rsquo;éducation en France &#8211; Wikipédia</a><br />
<a href="http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3281" title="Ecoles normales primaires" target="_blank">> Les écoles normales primaires sur l&rsquo;Institut Français de l&rsquo;&Eacute;ducation</a><br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/École_normale_primaire" title="Ecole normale primaire sur Wikipedia" target="_blank">> Ecole normale primaire : la page Wikipedia</a><br />
<a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hedu_0221-6280_1985_num_25_1_1285" target="_blank">> Les instituteurs du XIXe siècle racontent leur vie</a><br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_femme_dans_l%27enseignement_public_fran%C3%A7ais" target="_blank">> Histoire de la femme dans l&rsquo;enseignement public français</a><br />
<a href="http://www.clauderioland.com/histoire/sel-instit.htm" target="_blank">> 1902 : on déplace Monsieur l&rsquo;Instituteur&#8230; qui ne plait pas à Monsieur le Député</a><br />
<a href="http://www.amazon.fr/Nous-maîtres-décole-Autobiographies-dinstituteurs/dp/2070327493" title="Nous, les maîtres d'école" target="_blank">> A lire : &laquo;&nbsp;Nous, les maîtres d&rsquo;école&#8230; &#8211; Autobiographies d&rsquo;instituteurs de la Belle-Epoque&nbsp;&raquo; par Jacques Ozouf</a><br />
<a href="http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-education-14-2013-01-07" target="_blank">> A écouter : Education &#8211; La Fabrique de l&rsquo;histoire (France Culture)</a></div>
<br>&nbsp;<div class="simple-footnotes"><hr class="notes" noshade><p class="notes">Notes :</p><ol><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-1">A noter que le métier s&rsquo;est ouvert aux femmes à partir de 1881 et des lois Ferry, permettant aux premières institutrices laïques d&rsquo;exercer à partir de 1885 environ &#8211; auparavant l&rsquo;éducation des filles était presque exclusivement réservée à la noblesse ou à la haute bourgeoisie, et dispensée par des religieuses dans des couvents. Voilà pourquoi il n&rsquo;y a pas beaucoup d&rsquo;institutrices avant cette date. <a href="#return-note-26-1">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-2">Les deux frères, à 13 ans d&rsquo;écart, portent non seulement le même prénom &#8211; il est d&rsquo;ailleurs très probable que Eugène-l&rsquo;aîné ait été le parrain de son cadet -, mais en plus ils sont tous les deux passés par l&rsquo;école normale d&rsquo;instituteurs, profession qu&rsquo;ils ont exercé toute leur vie (ou presque pour Eugène Ernest), et ils ont tous les deux épousé une institutrice prénommée Eugénie ! <a href="#return-note-26-2">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-3">Mes Guerres et Mes Prisons, mémoires, Marc MICHON, Guéret, imprimerie Lecante, 1980 <a href="#return-note-26-3">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-4">A propos du maître d&rsquo;école, le père Rigolet, instituteur à Saint-Hilaire : <em>&laquo;&nbsp;en quarante année d&rsquo;enseignement il avait réussi à sortir plus de cinquante instututeurs d&rsquo;une commune de 600 habitants et aussi à bien élever ses enfants dont l&rsquo;un devint médecin-général.&nbsp;&raquo;</em> in Mes Guerres et Mes Prisons, op. cit. <a href="#return-note-26-4">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-5">La plupart des informations communiquées proviennent des mentions marginales des actes de naissance. Il n&rsquo;y en a aucune sur l&rsquo;acte de naissance de Henri, le fils aîné du couple. Seule certitude : il n&rsquo;est pas mort en bas-âge puisqu&rsquo;il vit à Bazaiges avec ses parents en 1901, alors âgé de 10 ans &#8211; (to be continued&#8230; Voir article &laquo;&nbsp;Quoi de neuf&nbsp;&raquo;). <a href="#return-note-26-5">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-6">Eugénie et sa soeur Louise ont été formées par Madame NEVEU, institutrice à Belâbre. Aucune information ne précise si elles sont ensuite passées par une école normale. <a href="#return-note-26-6">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-7">Il faudra attendre la loi du 16 février 1916, puis surtout la loi du 9 septembre 1947, pour qu&rsquo;enfin les instituteurs soient autorisés à exercer les fonctions de maire ou d&rsquo;adjoint. <a href="#return-note-26-7">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-8">Cela n&rsquo;est pas précisé, mais Laurence et Marie se sont probablement rencontrées à l&rsquo;école normale d&rsquo;institutrice de Châteauroux, dont on sait que Marie est sortie en 1914 après avoir obtenu son brevet supérieur. <a href="#return-note-26-8">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-9">Lire : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_s%C3%A9paration_des_%C3%89glises_et_de_l%27%C3%89tat" target="_blank">Loi de séparation des Églises et de l&rsquo;État sur Wikipédia</a> <a href="#return-note-26-9">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-10">On raconte que c&rsquo;est parce que les &laquo;&nbsp;huiles&nbsp;&raquo; indriennes avaient appris que Armand avait une soeur religieuse qu&rsquo;on les déménageait aussi souvent. A Gargilesse où le couple termine son parcours, la famille vivra dans la maison de Georges SAND, dont ils se sépareront en 1922. <a href="#return-note-26-10">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-11">Mémo : Armand AUPAIX est le cousin germain de Eugène PESSAULT, grand-père maternel de André BOUCHARD ; Eugène MICHON-VALLÉE est un grand-oncle paternel de Colette MICHON <a href="#return-note-26-11">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-12">Village de l&rsquo;Yonne situé à 10kms de Vergigny, autrefois principalement viticole. <a href="#return-note-26-12">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-13">Les archives antérieures à 1835 ne sont pas très prolixes. <a href="#return-note-26-13">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-14">Dans la première moitié du XIXe siècle, les gouvernements successifs qui s&rsquo;efforcent d&rsquo;améliorer et de généraliser l&rsquo;enseignement primaire public doivent composer avec l&rsquo;Église catholique, qui souhaite continuer à contrôler la formation intellectuelle et morale de la jeunesse française. Hors des grandes villes, une large majorité des écoles (et la quasi totalité en ce qui concerne les écoles de filles) est encore sous la tutelle de religieux (curés, prêtres, moines, soeurs, etc.). Il n&rsquo;y a donc pas de règles établies ou de passage obligé par une école normale : un instituteur peut aussi bien avoir été formé &laquo;&nbsp;sur place&nbsp;&raquo; et désigné par la communauté civile et/ou religieuse en vue d&rsquo;occuper la fonction de maître d&rsquo;école. <a href="#return-note-26-14">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-15">Cousine germaine de l&rsquo;arrière-grand-père paternel de Léon MOUTON. <a href="#return-note-26-15">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-16">Les MOUTON de ce coin de l&rsquo;Yonne descendent de Antoine MOUTON, procureur fiscal à a fin du XVIIe/début du XVIIIe siècle. Tous ne relèveront pas le défi, mais on compte au XIXe siècle parmi sa descendance de nombreux maires et notables &#8211; voir Généanet. Par ailleurs tous savent signer, garçons comme filles, quelle que soit leur profession. <a href="#return-note-26-16">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-17">Lieu de naissance de Nicolas BOILEAU d&rsquo;après certaines sources. La famille de Boileau y possédait une maison de campagne. <a href="#return-note-26-17">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-18">Toutes les communes citées appartenaient à l&rsquo;époque et jusqu&rsquo;au 1er janvier 1968 au département de Seine-et-Oise. <a href="#return-note-26-18">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-19">Cousine germaine de Auguste GUYARD, arrière-grand-père maternel de Thérèse GERVOIS. <a href="#return-note-26-19">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-20">On trouve Léon, sa femme et leurs enfants à Crosne en 1861 puis à Montgeron en 1866 (cf relevés de recensement). Par ailleurs, c&rsquo;est en 1961 qu&rsquo;est inauguré le nouvel ensemble scolaire à Crosne, construit de part et d&rsquo;autre de la mairie. Je prends donc pour postulat que Léon a laissé son poste d&rsquo;instituteur et quitté Crosne avec sa famille au cours de l&rsquo;année 1861. <a href="#return-note-26-20">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-21">Encore un exemple de l&rsquo;implication de l&rsquo;église dans l&rsquo;éducation des jeunes, et sa volonté de perdurer dans cette voie même avec l&rsquo;apparition d&rsquo;écoles publiques. <a href="#return-note-26-21">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-22">Repère généalogique : Marie Rose BOUCHARD est la cousine germaine de Bernard BOUCHARD, arrière-grand-père de Léonce BOUCHARD (père de André-dit-Papili). <a href="#return-note-26-22">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-23">Dans l&rsquo;Ancien Régime, Saint-Phalier était une commune à part entière, rebaptisée &laquo;&nbsp;La Liberté&nbsp;&raquo; à la Révolution, avant d&rsquo;être absorbée par la commune de Graçay (au même titre que Coulon et Avexy). Notre homme portait bien son prénom ^^. <a href="#return-note-26-23">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-24">Parmi eux on trouve évidemment d&rsquo;autres &laquo;&nbsp;mouton noirs&nbsp;&raquo; des familles bourgeoises, cf François QUERRIOT, cousin issu de germain de Louis BOUCHARD, qui sera témoin au mariage DUHOUX-BOUCHARD. <a href="#return-note-26-24">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-25">Jusqu&rsquo;en 1907, la majorité matrimoniale était fixée à 21 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons &#8211; voir <a href="http://geneal30.free.fr/Atelier/majorite_et_puberte.htm" arget="_blank">http://geneal30.free.fr/Atelier/majorite_et_puberte.htm</a> <a href="#return-note-26-25">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-26">Louis avait 12 ans. Trois autres enfants étaient nés du couple, sans survivre à la très petite enfance, étant tous morts avant l&rsquo;âge de 1 an. <a href="#return-note-26-26">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-27">Jusqu&rsquo;en février 1933, il était obligatoire pour se marier d&rsquo;obtenir le consentement des parents, ou à défaut du conseil de famille. En cas de refus, il était possible à condition de majorité de leur signifier le projet de mariage par le biais de sommations respectueuses adressées par un notaire (jusqu&rsquo;en 1907), puis via une simple notification officielle dont on devait pouvoir fournir la preuve. <a href="#return-note-26-27">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-28">A noter que la réception d&rsquo;actes respectueux était particulièrement mal perçue dans la société bourgeoise, notamment parce qu&rsquo;ils matérialisaient la désobéissance filiale, et donc l&rsquo;échec des parents à faire respecter leur volonté par leurs enfants. <a href="#return-note-26-28">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-29">Prénommée Marie Françoise Clémence, elle décède à l&rsquo;âge de 4 ans et c&rsquo;est Louis BOUCHARD qui accompagne Sylvain à la mairie pour en faire la déclaration. <a href="#return-note-26-29">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-30">Parvenu à l&rsquo;âge adulte, Louis Phalier se marie dans l&rsquo;Allier puis s&rsquo;installe comme pharmacien à La Guerche-sur-l&rsquo;Aubois dans le Cher. Il aura 2 filles, qui mourront en bas âge. <a href="#return-note-26-30">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-31">Edouard Etienne est témoin au mariage de son frère Louis Phalier en 1855, il est alors Sergent-major au 97e de ligne, en garnison à Narbonne (Aude). Puis il se marie à Souvigny, dans l&rsquo;Allier, en 1863 : il est alors agent comptable pour les Chemins de Fer d&rsquo;Orléans. Il a été ensuite chef de station à Terrasson-Lavilledieu, puis sous-chef de gare à Niort. Il a eu trois enfants. <a href="#return-note-26-31">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-32">Témoin au mariage de Etienne Edouard : il est alors dit &laquo;&nbsp;Percepteur de Bussy, en résidence à Dun-le-Roi&nbsp;&raquo;. <a href="#return-note-26-32">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-33">Puis greffier du juge de paix. <a href="#return-note-26-33">&#8617;</a></li><li style="padding-bottom:5px;" id="note-26-34">Marie, la mère de Rose, est décédée le 1er janvier 1826. C&rsquo;est seulement après cette date que l&rsquo;on voit la signature de Louis sur les actes. Donc : peut-être aussi que c&rsquo;était elle la plus opposée à l&rsquo;union ? <a href="#return-note-26-34">&#8617;</a></li></ol></div>]]></content:encoded>
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